Il y a un oiseau qu’on appelle le vautour.
Et un vautour est un vautour !
Et nous savons ce que c’est que le vautour.
Le vautour est l’Oncle du milan. Le milan est un rapace. Comme tout rapace, il plane et fonce sur sa proie.
Un jour, c’était un matin pas comme les autres. Le milan se rappela que son Oncle vautour habite des endroits hors d’ici, vers le désert du Sahara, là-bas en Afrique. Et que son Oncle vautour possédait le secret de la longévité ! C’est-à-dire qu’il faisait longtemps dans la vie.
Le milan se décida de partir là-bas, très loin retrouver son Oncle vautour afin qu’il lui confie le secret de la longévité.
Il plana, plana.
Il voltigea, voltigea.
Il traversa la mer et les forêts.
Il arriva donc dans le désert du Sahara.
Son Oncle vautour était sur un arbre dépourvu de feuilles. Vous savez, dans le désert, les arbres n’ont plus de feuilles, vu le soleil accablant. Là-bas, il faisait chaud, très chaud.
- Bonjour, Oncle vautour, dit le milan. Je fais le tour et j’arrive.
Le milan plana, plana.
- Oncle vautour, répéta-t-il, je suis le milan ton neveu. Tu me dois quelque chose.
- Quoi donc, demanda le vautour.
- Je voudrais que tu me confies le secret de la longévité, dit le milan.
- Ah ! Bon, reprit le vautour. Si tu veux le secret de la longévité, tu n’as qu’à faire comme moi.
- Et tu fais quoi ?
- Moi, j’attends.
Le milan se plaça donc à côté du vautour.
Et ils attendirent, attendirent.
Et ils attendirent, attendirent.
Le soleil se leva et il faisait de plus en plus chaud. Le milan n’était pas habitué à rester perché sur un arbre, lui qui voltigeait.
- Oncle vautour, dit-il, j’ai soif. Pas toi ?
- Bien sûr que j’ai soif, dit le vautour.
- Alors, reprit le milan, qu’est-ce que tu fais ?
- J’attends.
Et ils attendirent, attendirent.
Et ils attendirent, attendirent.
Le milan commençait à avoir des hallucinations.
- Oncle vautour, je vois la mer ; Qu’est-ce qu’on fait ?
- Moi, j’attends.
Quelques heures plus tard...
- Oncle vautour, j’ai faim, pas toi ?
- Bien sûr que j’ai faim.
- Mais qu’est-ce qu’on fait ?
Le milan n’en pouvait plus. Il ne tenait plus sur ses pattes. L’Oncle vautour le regarda.
Alors vint à passer une hirondelle.
Zwiiiiiiipt… Zwiiiiiiipt… Zwiiiiiiipt…
- Oncle vautour, as-tu vu ce que j’ai vu ?
- Bien sûr, dit le vautour, c’est une hirondelle.
- Alors, qu’est-ce qu’on fait ?
- Moi, j’attends.
Alors, quelques temps après vint à passer un moineau qui plongea dans un buisson, en dessous de l’arbre où ils étaient perchés. Le milan, avec ses hallucinations, ne pouvait plus distinguer la distance.
- Alors, Oncle vautour, t’as vu ce que j’ai vu ?
- Bien sûr, répondit le vautour, c’est un moineau.
- Alors qu’est-ce qu’on fait ?
- Moi, j’attends, reprit le vautour.
- Moi, je ne peux plus attendre, dit le milan en fonçant dans le buisson.
Alors, il se fracassa le cou.
Se traînant hors du buisson, il cria :
- Oncle vautour, au secours, je me meurs. Alors, qu’est-ce que tu fais ?
- J’attends, reprit le vautour.
- Tu attends quoi ?
- J’attends que tu meures pour que je te mange.
C’est ainsi que le milan a connu le secret de la longévité et n’en a pas profité.
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